Son ou bruit ? Quelles vulnérabilités ?

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Culture de prévention : Les fondamentaux à transmettre

Interview : CHADIA B. assistante santé travail

JDV : Quelle est la différence entre un son et un bruit ?
C : Un son, comme une musique, peut tout à fait être agréable mais dès lors que ce son atteint
un volume sonore trop élevé, devenant désagréable ou gênant, alors on parlera d’un bruit.

On parlera de fréquence pour déterminer la hauteur du son.
Il faut savoir qu’un être humain peut entendre des sons allant de 20 Hz à 20 000 Hz. L’oreille humaine
est plus sensible aux hautes fréquences qu’aux basses fréquences car elles sont soudaines, imprévisibles, donc plus dangereuses pour l’oreille car celle-ci n’a pas le temps de s’adapter.

On parlera de décibels pour déterminer l’amplitude du bruit.
Il existe également deux types de décibels, les décibels A et les décibels C. Les décibels A, c’est ce que prend réellement en compte l’oreille humaine, il s’agit des décibels physiologiques. Les décibels C c’est ce qu’on appelle des crêtes, l’exposition est courte et intense (c’est par exemple le bruit d’un carton qui tomberait subitement au sol).

IL EXISTE 5 TYPES DE SONS


De 0 à 20 Hz :
infrasons difficilement audibles.

De 20 Hz à 200 Hz : sons graves. On parlera de basses fréquences.
De 200 Hz à 2 000 Hz : sons médiums. On parlera de moyennes fréquences.
De 2 000 Hz à 20 000 Hz : sons aigus. On parlera de hautes fréquences.
Au-delà de 20 000 Hz : ultrasons, inaudibles par l’oreille humaine, mais audibles par certains animaux (chiens, chauves-souris).
Les fréquences de la parole dites « conversationnelles » utilisent les fréquences 500 Hz , 1 000 Hz et 2 000 Hz.

JDV : Quels sont les effets du bruit sur la santé ?
C : Les conséquences du bruit sur la santé sont nombreuses :

La perte d’audition fait également partie des effets
que peut avoir le bruit sur notre santé.

Nous disposons tous à la naissance d’un capital de 25 000 cellules sensorielles, appelées cellules ciliées,

nous venons puiser tout au long de notre vie dedans, ce capital ne se régénère pas et la perte de cellules est irrémédiable. L’exposition prolongée au bruit entraîne la destruction progressive
et irrémédiable de ces cellules.  Une prothèse auditive n’a qu’une efficacité limitée car elle n’accentue que ce qu’il vous reste comme audition (on appelle cela l’acuité résiduelle) elle ne vous fera jamais récupérer de l’audition.

JDV : À partir de quel seuil le bruit a-t-il des effets sur notre santé ?
C : Tout d’abord je tiens à préciser que la plupart des branches professionnelles sont concernées par le bruit, que le bruit soit issu de machines, soit ambiant ou issu de conversations, ou encore de postes radio, de musiques…
En dehors du travail, nous sommes également exposés pendant nos loisirs, l’écoute de musiques avec des baladeurs, appareils domestiques, environnement (autoroutes, nationales…).

À partir de 85 décibels selon la durée
et la fréquence d’exposition cela devient dangereux.
Au-delà de 120 décibels cela devient douloureux à l’oreille.

À la suite d’une exposition prolongée au bruit, on peut percevoir des acouphènes de manière temporaire ou permanente ou une baisse de l’acuité auditive, mais même sous le seuil règlementaire le bruit est aussi cause de fatigue. Tant que la perte d’audition ne concerne pas les fréquences conversationnelles, nous pouvons avoir une perte sans même nous en rendre compte. Dès lors que c’est le cas cela peut entraîner une gêne sociale et un réel handicap.

JDV : Est-ce qu’il y a une prise de conscience des effets du bruit dans les entreprises ?
C : Le monde du travail a beaucoup évolué cette dernière décennie et les entreprises favorisent de plus en plus les open space pour permettre le travail d’équipe.
Bien souvent ces espaces de travail communs n’ont pas été pensés pour réduire les bruits. Les matériaux utilisés, vitres, mobilier, plafond, murs, ne sont pas insonorisants. Le nombre de mètres carrés par salarié doit également être pensé pour que l’environnement de travail permette d’avoir le calme nécessaire à une bonne qualité de vie au travail. Qui induira aussi une bonne qualité du travail ! Je me rends compte que l’entreprise doit bien reprendre conscience que le bruit rend vulnérable. On a bien conscience que les bruits d’un marteau piqueur par exemple peut engendrer de la surdité… On oublie trop souvent le reste. Je pense enfin que les effets du bruit sur la santé sont méconnus des salariés comme des employeurs. A fortiori méconnus par les jeunes générations !

JDV : Qu’est-ce qui peut-être préconisé en terme de prévention ?
C : La protection collective et les mesures collectives doivent toujours pré-valoir. On arrive souvent après la bataille pour l’insonorisation des lieux de travail, nous devrions être concertés en amont car nous pouvons proposer un panel de solutions. Je peux établir un constat par le biais de la fiche d’entreprise au niveau des risques sonores par exemple.



job de voie by POLE SANTE TRAVAIL