Épisode 03 : Une organisation de travail qui doit s’adapter !

JDV : Quel est le point de départ de votre mission d’accompagnement ?

L. : Nous avons souvent une demande qui est faite par les équipes Santé Travail via le médecin
du travail
et parfois par l’entreprise. Très souvent, après les premières rencontres
et les premiers échanges,
on réalise que c’est une autre problématique qu’il y a à accompagner.
La première demande est souvent l’arbre qui cache la forêt. Ça peut être aussi le prétexte ou l’alibi.
Mais au final, c’est forcément la prise de conscience qu’il y a des dysfonctionnements
et que l’on veut agir !

Nous commençons par cibler le(s) objectif(s), par identifier et évaluer les risques professionnels et les facteurs
majorants de ces risques. Nous travaillons ensuite, en mode participatif, aux pistes d’amélioration concrètes
mais aussi à la mise en place de démarches de prévention pour empêcher ces risques ou les faire diminuer.

JDV : Comment se déroule la démarche ?

L. : ON VA PRENDRE PAR EXEMPLE

une demande pour un groupe de 15 personnes.
On a observé qu’il y avait eu 4 inaptitudes en 2 ans.
C’est un premier signal.
Si cela concerne un jeune ou un nouveau salarié.
C’est un signal encore plus important !
L’entreprise nous demande de l’accompagner.
Elle en parle d’abord à son médecin du travail.
Nous nous voyons : représentant de l’entreprise
+ médecin du travail
+ ergonome.

Après avoir formulé l’objectif de la démarche, nous réunissons en groupes de travail des collaborateurs
et nous engageons des discussions et un questionnement sur l’activité, les contraintes physiques et psychiques.
On aboutit à une synthèse des besoins et nous apportons alors des premières réponses.
Nous travaillons aussi avec le groupe pour proposer des actions et accompagner la transformation. 

JDV : Quelles sont les vulnérabilités propres à l’été ?

L. : Nous avons des congés payés depuis 1936 je crois !
Certaines entreprises arrivent à s’organiser et ne pas subir les périodes d’absences. D’autres non !
Pourquoi faut-il s’organiser et anticiper ?

UN PEU DE CALCUL D’ABORD :

Il faut en effet commencer par réaliser l’impact qu’ont les congés payés sur l’organisation de l’activité de votre entreprise.

Par exemple : pour une TPE de 8 personnes.
Il va y avoir sur une année
40 semaines de congés à prendre.
40 semaines sur 52 !
Ce qui revient à dire que cette entreprise de 8 personnes
sera en mode allégé d’au moins 1 salarié 40 semaines sur une année.
Il ne reste donc que 12 semaines à effectif complet !

Je vois de plus en plus d’entreprises qui s’organisent pour ne pas fermer l’été. Est-ce toujours un bon calcul ?
Est-ce qu’il ne vaut mieux pas parfois fermer durant, par exemple,
2 semaines l’été et 1 semaine à Noël,
ce qui permettrait ensuite d’avoir encore 16 semaines de congés
à solder et de n’avoir ainsi que 19 semaines
sur 52 pendant lesquelles l’entreprise serait en mode allégé.

Vous allez me dire : est-ce qu’on ne prive pas les salariés
de liberté dans le choix de leurs périodes

de vacances et est-ce qu’on ne nuit pas à l’équilibre de chacun ?
L’ergonome que je suis pense qu’au contraire,
le fait de majorer le nombre de semaines où l’effectif est complet contribue à l’équilibre et aux bonnes conditions de travail de chacun.



job de voie by POLE SANTE TRAVAIL