Interview de Jacques PATRIS, Président d’ATMO Hauts-de-France

JDV : Pourquoi se préoccuper de la qualité de l’air ?

Jacques PATRIS : La qualité de la vie, c’est la qualité de l’air aussi ! La pollution de l’air
est responsable de 40 000 décès prématurés par an
en France dont 6 500 dans la région.
Cependant, on respire mieux en Hauts-de-France. C’est le constat que fait Atmo Hauts-de-France,
chargée de la surveillance de la qualité de l’air dans la région, dont je suis le président.
Au quotidien, nous partageons nos connaissances, les données qualité de l’air, pour faire bouger les choses
et informer la population.

Se préoccuper de la qualité de l’air, c’est se préoccuper de la santé des habitants de la région.

JDV : Est-ce que nous pouvons tous agir pour la qualité de l’air ?

Jacques PATRIS : Oui ! Chacun peut agir individuellement en adoptant
les bons gestes à la maison, en se déplaçant, en consommant.
Pour aider chacun à agir,
nous
mettons à disposition des habitants de la région, des outils et des informations. Ainsi, chacun peut retrouver des ressources pédagogiques sur notre site internet et nos réseaux sociaux et s’abonner à des informations quotidiennes géolocalisées par mail ou par SMS (atmo-hdf.fr)

Et bientôt, le 5 juin, chacun pourra télécharger « Air to go » !

Une application innovante qui permet en temps réel de connaître la qualité de l’air, où que vous soyez dans un pas de temps horaire. Nous pouvons aussi agir collectivement. Atmo Hauts-de-France accompagne les décideurs
et
les acteurs du territoire pour agir localement en leur mettant à disposition des outils et en les accompagnant dans leurs trajectoires.

JDV : Quelles sont les pathologies conséquentes d’une mauvaise qualité de l’air ?

Jacques PATRIS : Quand on parle de pathologies liées à une mauvaise qualité de l’air, tout le monde voit l’aspect pulmonaire parce que « je respire cet air » ! Il y aussi d’autres impacts !

En effet, les polluants, gaz ou particules irritants et agressifs pénètrent plus ou moins loin dans l’appareil respiratoire et peuvent induire des effets respiratoires mais aussi des effets cardiovasculaires tels que par exemple une augmentation des affections respiratoires (Bronchiolites, rhino-pharyngites,…)

Une dégradation de la fonction ventilatoire, une hypersécrétion bronchique mais aussi une augmentation des irritations oculaires, une incidence sur la mortalité à court terme pour affections respiratoires ou cardiovasculaires (dioxyde de soufre et particules fines), une incidence sur la mortalité à long terme par effets mutagènes et cancérigènes (particules fines, benzène).

JDV : Cette prise de conscience de l’importance de la qualité de l’air
est au cœur de la mission d’Atmo Hauts-de-France. Comment cela fonctionne ?

Jacques PATRIS : Atmo Hauts-de-France évalue la qualité de l’air au quotidien en région mais pas que. Notre mission est aussi d’accompagner les acteurs du territoire pour les éclairer sur les actions à mettre en place. Nous nous attachons également à sensibiliser la population pour les aider à adopter des comportements favorisant un air meilleur.

Pour ce qui est de la prévision de la qualité de l’air, nous avons en Hauts-de-France 50 stations
de mesure réparties sur le territoire régional.

Nous essayons d’avoir une harmonisation de toutes les données, qu’elles soient inter-opérables et nous permettent d’observer, dans le temps, la qualité de l’air.

Je vais devenir un peu plus compliqué, mais c’est pour bien vous expliquer comment nous travaillons ! Nous sommes sur tout le territoire régional, nous ne pouvons donc pas mesurer sur chaque petite parcelle et partie d’une telle superficie ! Nous avons déjà 2 000 000 000 de données qui remontent chaque jour !

Et nous sommes capables de vous donner 3 millions de points dans la région qu’on analyse. Mais à l’échelle d’une telle superficie, nous développons une modélisation.
Nous avons plusieurs modèles qui travaillent ensemble, selon des paramètres équivalents, et en fonction de ces paramètres, nous pouvons faire une projection, sortir des modèles régionaux et calculer un indice, transmis à chaque commune.

Nous sommes capables de descendre à l’échelle de la commune.
Nous savons renseigner un indice sur une résolution de 25 mètres, ce qui permet de dire « vous avez telle qualité d’air en ce moment dans votre quartier. »

Toutes les données qualité de l’air sur atmo-hdf.fr

JDV : Est-ce que vous connaissez tout ce qui pollue notre air ?
Ou est-ce que vous continuez de chercher et de découvrir ?

Jacques PATRIS : Ce que nous cherchons, ce sont les différents polluants auxquels nous devons prêter attention, comme le carbone, les PM10, l’azote, l’ozone… plus de 200 actuellement. Mais, oui, nous en découvrons encore de nouveaux aujourd’hui.

Et nous essayons notamment d’apprendre au niveau des particules ultrafines. Notre travail est de caractériser ces particules. Au niveau de la santé, c’est la combinaison des différents éléments dans l’air qui est dangereuse, bien entendu, en fonction de notre exposition à la pollution. Ce ne sont pas forcément les pics de pollution qu’il faut craindre, mais une exposition chronique.

JDV : Qu’est-ce qui pollue notre air ?

Jacques PATRIS : Les polluants dans l’atmosphère peuvent être d’origine naturelle (ils sont alors émis par la végétation, l’érosion du sol, les océans, etc.) ou d’origine anthropique, c’est-à-dire qu’ils sont «émis» par les activités humaines.

Tous les secteurs d’activité humaine sont susceptibles d’émettre des polluants atmosphériques : les activités industrielles, le traitement des déchets et les chantiers, le transport (routier, aérien, fluvial), les activités domestiques (chauffage en particulier), l’agriculture…

Les sources majeures d’émissions de l’air sont le secteur résidentiel (essentiellement le chauffage), le transport routier, selon les spécificités locales de certains territoires, des activités telles que l’industrie, la production d’énergie, les chantiers, l’agriculture…

JDV : Où en sommes-nous sur la qualité de l’air dans notre région et par rapport à d’autres régions ?

Jacques PATRIS : J’ai souvent entendu dire  « On a une région qui est très polluée ». Pas plus qu’ailleurs je vous le dis ! Des efforts sont faits au quotidien par les habitants, les élus qui mettent en œuvre des politiques et des actions en faveur d’un air meilleur mais aussi nos entreprises, nos associations, nos professionnels de santé, nos agriculteurs… c’est une action collective qu’il faut porter ensemble !

Pour aller plus loin… JV ! J’agis !

Mémo :
Comment améliorer la qualité de l’air à l’intérieur du logement ?

Mémo :
S’informer sur la qualité de l’air. Quelle qualité de l’air prés de chez moi aujourd’hui et demain ?

Mémo :
Comment limiter les émissions de polluants ?

JV ! Je télécharge l’appli !

DISPONIBLE DÈS LE 5 JUIN !

Anticipe la qualité de l’air autour de toi
en un coup d’œil et adapte tes activités :

• Communes favorites
• Qualité de l’air heure par heure autour de toi
• Alertes en cas d’épisode de pollution
• Indices pollens
• Recommandations pour préserver « ta santé »

Plus d’infos sur : airtogo.fr